Modalités de soumission/ Submission Guidelines

Les propositions de communication sont à adresser en anglais ou en français sur easychair  https://easychair.org/conferences/?conf=geras2016avant le 11 janvier 2016. Elles comporteront un résumé de 300-400 mots, un titre et une notice biographique.

 

Please submit your 300-400 word abstract using the EasyChair Conference system https://easychair.org/conferences/?conf=geras2016 before January11, 2016. Proposals should include a title and a short biography.

 

 

Appel à contributions / Call for papers

(scroll down for English version)

 

 

Frontières narratives et poétiques en anglais de spécialité :

enjeux scientifiques, didactiques et traductologiques

 

37e colloque international du GERAS

Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis

17-19 mars 2016

 En apparence, tout indique que les intersections entre les langues de spécialité (LSP) et les lettres et les arts sont rares et réduites. Les « liberal arts », tels qu’on les nomme dans le monde anglophone, semblent « libéraux », précisément, parce qu’ils sont libres de toute contingence utilitaire. Au livre « essentiellement inutile et absolument innocent » que Baudelaire évoque dans l’une de ses préfaces aux Fleurs du mal font écho le « All art is quite useless » d’Oscar Wilde (The Picture of Dorian Gray) et les « [artobjects which are strictly without any utility whatsoever » de Hannah Arendt (1998 [1958] : 167). Pour leur part, en revanche, les LSP apparaissent comme marquées du sceau de l’utilité expressément signalée dans le cas de l’anglais par les « purposes » de l’English for Specific Purposes (ESP) (Paltridge & Starfield 2013). De fait, la fiction et l’imagination semblent s’être singulièrement effacées de l’étude des discours spécialisés.

 À y regarder de plus près, cependant, les discours littéraires et spécialisés partagent une logique profonde de l’explication puisque notre langage et nos actions, quels qu’en soient les objets, s’inscrivent dans le cadre temporel de l’expérience humaine (Ricœur 1983 : 19). Pour Paul Ricœur, en effet, tout récit est porteur de sens et, inversement, le sens de l’action humaine peine à se déployer sans quelque forme de narrativité (op. cit. : 70).

 En tant que disciplines, les LSP se sont affirmées en se distinguant des cursus universitaires linguistiques classiques historiquement fondés sur une culture littéraire nourrie de récits. En écartant ces facettes du discours, elles se sont efforcées de s’enraciner dans l’utilité sociale et professionnelle de leur spécialité parce qu’elles pouvaient y fonder leur légitimité moderne. Mieux encore, l’ESP d’inspiration anglo-américaine entend se déployer dans la seule synchronicité, dimension temporelle perçue ici comme exclusivement pertinente pour l’utilité spécialisée, et elle reste insensible à la profondeur historique de l’action spécialisée et des variétés de l’anglais qui l’expriment.

 Depuis peu, néanmoins, émerge dans le domaine l’impression diffuse que les langues de spécialité se sont quelque peu fourvoyées en se déclarant étrangères au temps historique, à la narration et à l’imagination. En réalité, elles s’en sentent de plus en plus orphelines et elles tentent de renouer les fils, naguère négligés par leurs fondateurs, qui relient les différents vecteurs de sens de l’action humaine, qu’elle appartienne à l’invention ou à la réalité. À partir de 1999, Michel Petit et Shaeda Isani (2004) ont identifié ce type de relations en soulignant l’intérêt de la fiction à substrat professionnel (FASP) pour accéder aux langues de spécialité. Plus récemment, l’attention de certains chercheurs s’est portée sur « la mise en récit des discours spécialisés » (J.E. du CELISO, 2-3 avril 2015) et aux séquences narratives dans une perspective distincte de celle du storytelling envisagé comme technique marketing « visant à manipuler l’opinion ». Les métaphores spécialisées suscitent depuis longtemps l’intérêt des chercheurs (Resche 2013 : 133-198), et certains ont également mis en valeur de vastes pans ignorés de poésie spécialisée (Van der Yeught 2012 : 37-38). L’attention portée au « spécialisé » dans la langue a également mis en avant la notion de « style spécialisé » (Percebois & Petit 2011) permettant d’aller au-delà de l’unité terminologique pour étudier la manière dont le spécialisé se déploie dans le discours (juridique, scientifique, économique...).

 Ce colloque propose aux chercheurs en anglais de spécialité d’explorer les frontières narratives et poétiques de leur domaine, non en explorant des terrae incognitae, mais bien plutôt en redécouvrant les dimensions durables de l’élucidation des actions humaines, dimensions qui se nourrissent de temps, de mise en récit, de narration...

 Les propositions porteront tout autant sur les aspects théoriques de la question (concepts, hypothèses, définitions, propositions) que sur des exemples concrets matérialisant ces confins particuliers du domaine (discours, genres, styles...) dans les dimensions synchronique et diachronique.

 Cet essai de caractérisation du spécialisé à ses frontières, pourra aussi explorer les enjeux traductologiques (aspects théoriques, retour réflexif sur le spécialisé...). Antoine Berman le rappelle, « l’espace de la traduction est irrémédiablement pluriel, hétérogène et non unifiable » (1989). Les textes spécialisés et leur style d’écriture appellent-ils un/des mode(s) particulier(s) du traduire ? Si le discours spécialisé vise a priori la non-ambiguïté, la traduction joue pourtant avec l’écart et la différence. On pourra interroger l’intraduisible et le défaut de traduction, en lien avec le spécialisé.

 Seront également bienvenues les propositions qui explorent les potentialités didactiques de ces zones frontalières en mettant en évidence leur richesse et leur efficacité dans les stratégies d’apprentissage à concevoir en langue de spécialité et dans le secteur LANSAD. Enfin, les propositions pourront s’attacher aux aspects plus directement didactiques de la traduction spécialisée : comment préparer les traducteurs professionnels à la traduction spécialisée ? (Lethuillier 2003).

 

Modalités de soumission

Les propositions de communication sont à adresser en anglais ou en français sur easychair  https://easychair.org/conferences/?conf=geras2016avant le 11 janvier 2016. Elles comporteront un résumé de 300-400 mots, un titre et une notice biographique.

Contact : Gwen Le Cor (gwen.le-cor AT univ-paris8.fr)

 Références

 Berman, Antoine. 1989. « La traduction et ses discours » Meta : journal des traducteurs / Meta : Translators’ Journal, vol 34, numéro 4, 1989, 672-679.

Harendt, Hannah. 1998 [1958]. The Human Condition. Chicago : University of Chicago Press.

Isani, Shaeda. 2004. « The FASP and the genres within the genre”. In Petit, M. & S. Isani (dir.), Aspects de la fiction à substrat professionnel. Bordeaux : EA 2025, Université Victor Segalen Bordeaux 2 : 25-36.

Lethuillier, Jacques. 2003. « L’enseignement des langues de spécialité comme préparation à la traduction spécialisée » Meta : journal des traducteurs / Meta : Translators’ Journal, Volume 48, numéro 3, septembre 2003, 379-392. http://www.erudit.org/revue/meta/2003/v48/n3/007598ar.html

Paltridge, Brian & Sue Starfield (dir.). 2013. The Handbook of English for Specific Purposes. Boston : Wiley-Blackwell.

Petit, Michel. 1999. « La fiction à substrat professionnel : une autre voie d’accès à l’anglais de spécialité ». ASp, 23-26, 57-81.

Percebois, Jacqueline & Michel Petit (dir.). 2011. Styles spécialisés. Études de Stylistique Anglaise n° 2, Paris : Atelier Intégré de Reprographie, Université Paris Ouest - Nanterre La Défense.

Resche, Catherine. 2013. Economic Terms and Beyond : Capitalising on the Wealth of Notions. Bern : Peter Lang, Linguistic Insights 176.

Ricœur, Paul. 1983. Temps et récit : 1. L’intrigue et le récit historique. Paris : Seuil, Points Essais n° 227.

Van der Yeught, Michel. 2012. « Diversité et unités des discours sur les crises boursières en Grande-Bretagne et aux États-Unis de 1700 à nos jours ». In Gautier, Laurent, Les discours de la bourse et de la finance. Berlin : Frank & Timme : 29-45.

 

 

Mapping the Narrative and Poetic Margins of English for Specific Purposes :

Confronting Theoretical Issues, Questioning the Stakes Raised in Didactics and

Translation Studies

37th International GERAS Conference

Université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis

March 17-19, 2016

 At first sight, there seem to be very few (if any) convergences between Languages for Specific Purposes (LSPs) on the one hand, and the humanities or the liberal arts on the other. The latter are “liberal” in so far as they discard utilitarian prospects. In his preface to the Fleurs du mal, Baudelaire conjures up a book that would be “essentially useless and absolutely innocent.” His remark resonates with Oscar Wilde’s assertion that “All art is quite useless” and with Hannah Arendt’s statement that art objects “are strictly without any utility whatsoever” (1998 [1958] : 167). Conversely, English for Specific Purposes (ESP) explicitly specifies its utilitarian underpinnings with a name that mentions “purposes” (Paltridge & Starfield 2013). And indeed, specialized discourses seem devoid of fictional elements or imagination.

 Yet, if one looks closer, literary and specialized discourses share a deeply-rooted logic of elucidation, since languages and actions, whatever their object, develop within the temporal framework of human experience (Ricœur 1983 : 19). For Paul Ricœur, all narratives are meaningful, and the significance of human action can only come into being through narrativization (op. cit. 70).

 LSPs asserted their status by setting themselves apart from traditional language curricula based on a literary culture suffused with narratives. In discarding this discursive trait, LSPs have built on the social and professional usefulness of their specific domains so as to ascertain their legitimacy. What is more, the Anglo-American tradition has steered ESP toward studies which rely solely on synchronicity—seen here as the only temporal dimension relevant to its functional purpose—and which remain oblivious of historical depth, whether in specialized actions or language.

 Recently however, there has been a faint and budding feeling that LSPs were wrong in discarding historical time, narration and imagination. In fact, LSPs have felt increasingly cut off, and are trying to mend the links that connect the meaning-making vectors of human actions—be they fictive or real—links that their founders had neglected. Starting in 1999, Michel Petit and Shaeda Isani (2004) recognized the significance of those relations, and showed the value of professionally-based fiction (fiction à substrat professionnel, FASP) to study specialized varieties of English. More recently, researchers have focused on narration and stories in specialized discourse (“La mise en récit des discours spécialisés”/Narrativizing specialized discourse, CELISO seminar, April 2-3, 2015). They oppose those narrative sequences to “storytelling” as it is used in marketing, that is, when it becomes a tool to manipulate and format opinions. Specialized metaphors have also interested researchers for some time now (Resche 2013 : 133-198), while others unveiled vast sections of hitherto overlooked specialized poetry (Van der Yeught 2012 : 37-38). Others still, focusing on the “specialized” component language, brought to the fore the notion of specialized “style” (Percebois & Petit 2011), thus allowing to examine the way “specializedness” exceeds terminology and permeates specialized discourse (be it legal, scientific, economic...) as a whole.

 This endeavor to map the narrative and poetic margins of ESP is not an attempt to tread new paths, but rather, it is a call to rediscover the unchanging dimensions of human actions, ones that thrive on time, stories and narration.

 Proposals can focus either on theoretical aspects (concepts, hypotheses, definitions, suggestions) or on concrete examples materializing these margins (discourse, genre, style...) in their synchronic or diachronic dimensions.

 This attempt to characterize specializedness at its confines can also explore the issues raised by specialized translation (theoretical aspects, translation as a means to allow a reflexive grasp of specializedness...). According to Antoine Berman, “the scope of translation is inherently plural, heterogeneous, and impossible to unify” (1989). Hence, does the specific style of specialized texts call for distinctive translation modes ? Though specialized discourse aims for non-ambiguity, translation thrives on deviation and difference. Proposals can thus explore translation shortcomings and the untranslatable in specialized discourse.

 Another aspect that can be addressed is the didactic potential of those poetic and narrative margins, with regard to learning strategies (in ESP and in the LANSAD sector—LANgues pour Specialistes d’Autres Disciplines/languages for specialists of other disciplines). Proposals can tackle the didactics of specialized translation : how should professional translators be trained for specialized translation ? (Lethuillier 2003).

 Submission Guidelines

Please submit your 300-400 word abstract using the EasyChair Conference system https://easychair.org/conferences/?conf=geras2016 before January 11, 2016. Proposals should include a title and a short biography.

 Contact : Gwen Le CorConference Organizer (gwen.le-cor AT univ-paris8.fr)